Chers frères et sœurs,
je vais parler dans les prochaines catéchèses des Psaumes. ‘Livre de prière’ par excellence, les 150 psaumes expriment la complexité l’expérience humaine avec toute la gamme des sentiments : joie et souffrance, bonheur et attitude d’abandon confiant, peur de la solitude et de la mort, et plénitude de vie, désir de Dieu et sentiment d’indignité. A travers plusieurs genres littéraires, l’attitude de l’orant se situe entre la supplication, à l’heure de l’angoisse et de la désolation, et la louange, mémoire du don reçu qui contemple la miséricorde de Dieu, toujours prêt au pardon. Donné à Israël puis à l’Église comme Parole de Dieu, les Psaumes célèbrent la grâce du Seigneur qui se penche sur notre fragilité. David, un roi « selon le cœur de Dieu », est la figure messianique à laquelle la tradition hébraïque attribue la plupart des Psaumes. Nombreux sont ceux cités dans le Nouveau Testament. Le mystère pascal du Christ les éclaire d’une lumière nouvelle. En Jésus, qui a prié les Psaumes durant sa vie terrestre, ils trouvent leur accomplissement définitif et leur sens plénier. Ils nous révèlent le visage du Père. Ainsi, la prière des Psaumes élargit notre horizon sur des réalités inespérées : comme enfants de Dieu, nous prions le Père dans le Christ et avec le Christ.
Je salue cordialement les pèlerins francophones particulièrement les aumôniers militaires de France accompagnés de Monseigneur Luc Ravel ! Dans votre ministère parfois difficile, je vous invite à être fidèle à la liturgie des heures et à la célébration des sacrements. Puissiez-vous trouver aussi dans les psaumes la force inépuisable pour votre ministère et votre vie chrétienne ! Bon pèlerinage à tous ! Avec ma bénédiction !
Synthèse de la catéchèse du Saint Père Benoît XVI au cours de l’Audience Générale au Vatican, Place Saint Pierre, le mercredi 22 juin 2011.
mercredi 22 juin 2011
mercredi 15 juin 2011
Demandons à Dieu de nous rendre capables d’être des médiateurs de vérité auprès de nos frères
Chers frères et sœurs,
dans l’histoire religieuse de l’ancien Israël, les prophètes, leur enseignement et leur prédication, ont eu une grande importance. Parmi eux, ressort particulièrement la figure d’Élie, suscité par Dieu pour inviter à la conversion et inciter le peuple à reconnaître le Seigneur comme le Dieu unique. L’Écriture nous montre Élie invoquer Dieu en de nombreuses occasions. Mais c’est surtout sur le mont Carmel qu’Élie se montre dans toute sa puissance d’intercesseur quand, devant tout Israël, il prie le Seigneur pour qu’il se manifeste et convertisse le cœur du peuple. Face aux prophètes de Baal qui s’agitent devant les idoles, Élie l’invite à s’unir à lui dans son action et dans sa supplication envers Dieu. Le peuple est mis devant sa propre vérité et le prophète demande que la vérité du Seigneur se manifeste et qu’il intervienne pour convertir Israël, le détacher de la tromperie de l’idolâtrie, l’amenant ainsi au salut. Élie demande au Seigneur que le peuple connaisse véritablement qui est son Dieu et fasse le choix décisif de le suivre. Il pourra ainsi professer sa foi de tout cœur. Chers amis, demandons à Dieu de nous rendre capables d’être des médiateurs de vérité auprès de nos frères, prêts à indiquer le chemin de la foi dans le Dieu unique qui veut se révéler à tous les hommes pour les convertir et les conduire au salut !
Je suis heureux de saluer les pèlerins francophones, particulièrement les jeunes et le groupe du sanctuaire de Belpeuch. En ces jours qui suivent la fête de la Pentecôte, que l’Esprit-Saint vous donne de savoir accueillir chaque jour la miséricorde de Dieu qui vient à la rencontre de notre faiblesse et de nos manques de foi ! Que Dieu vous bénisse !
Synthèse de la catéchèse du Saint Père Benoît XVI au cours de l’Audience Générale au Vatican, Place Saint Pierre, le mercredi 15 juin 2011.
dans l’histoire religieuse de l’ancien Israël, les prophètes, leur enseignement et leur prédication, ont eu une grande importance. Parmi eux, ressort particulièrement la figure d’Élie, suscité par Dieu pour inviter à la conversion et inciter le peuple à reconnaître le Seigneur comme le Dieu unique. L’Écriture nous montre Élie invoquer Dieu en de nombreuses occasions. Mais c’est surtout sur le mont Carmel qu’Élie se montre dans toute sa puissance d’intercesseur quand, devant tout Israël, il prie le Seigneur pour qu’il se manifeste et convertisse le cœur du peuple. Face aux prophètes de Baal qui s’agitent devant les idoles, Élie l’invite à s’unir à lui dans son action et dans sa supplication envers Dieu. Le peuple est mis devant sa propre vérité et le prophète demande que la vérité du Seigneur se manifeste et qu’il intervienne pour convertir Israël, le détacher de la tromperie de l’idolâtrie, l’amenant ainsi au salut. Élie demande au Seigneur que le peuple connaisse véritablement qui est son Dieu et fasse le choix décisif de le suivre. Il pourra ainsi professer sa foi de tout cœur. Chers amis, demandons à Dieu de nous rendre capables d’être des médiateurs de vérité auprès de nos frères, prêts à indiquer le chemin de la foi dans le Dieu unique qui veut se révéler à tous les hommes pour les convertir et les conduire au salut !
Je suis heureux de saluer les pèlerins francophones, particulièrement les jeunes et le groupe du sanctuaire de Belpeuch. En ces jours qui suivent la fête de la Pentecôte, que l’Esprit-Saint vous donne de savoir accueillir chaque jour la miséricorde de Dieu qui vient à la rencontre de notre faiblesse et de nos manques de foi ! Que Dieu vous bénisse !
Synthèse de la catéchèse du Saint Père Benoît XVI au cours de l’Audience Générale au Vatican, Place Saint Pierre, le mercredi 15 juin 2011.
mercredi 25 mai 2011
Laissons-nous bénir et transformer par Dieu pour rendre béni notre monde
Chers frères et sœurs,
dans ma réflexion sur la prière, je m’arrête aujourd’hui sur l’expérience particulière de Jacob avec Dieu, relatée par le livre de la Genèse. Seul dans la nuit, le Patriarche est assailli à l’improviste par quelqu’un de mystérieux qu’il n’arrive pas à identifier à cause de l’obscurité. Jacob se défend vaillamment et demande le nom de son rival qui répond par la même question. En donnant son nom, Jacob se rend et devient paradoxalement vainqueur. L’être mystérieux lui donne alors un nouveau nom : Israël qui signifie : Dieu est fort, Dieu triomphe. Cette nouvelle identité témoigne de la victoire de Dieu, qui donne gratuitement la bénédiction à Jacob. La tradition spirituelle de l’Église a retenu de ce récit le symbole de la prière comme combat de la foi et victoire de la persévérance. C’est la longue nuit de la recherche de Dieu, de la lutte comme en un corps à corps symbolique, pour connaître son nom et voir son visage. Nuit de la prière et du désir de Dieu, qui culmine dans un abandon de soi à sa miséricorde. Chers amis, toute notre vie est comme cette longue nuit de combat et de prière, habitée par le désir de la bénédiction divine, qui, reçue avec humilité, nous change réellement et nous donne une nouvelle identité.
Je salue cordialement les pèlerins francophones, particulièrement les jeunes et les membres de la communauté de l’Arche de Grenoble ! Comme Jacob, laissez-vous bénir et transformer par Dieu pour rendre béni notre monde. Puisse le Seigneur vous aider à mener le bon combat de la foi avec humilité et dans une prière quotidienne et confiante ! Avec ma bénédiction !
Synthèse de la catéchèse du Saint Père Benoît XVI au cours de l’Audience Générale au Vatican, Place Saint Pierre, le mercredi 25 mai 2011.
dans ma réflexion sur la prière, je m’arrête aujourd’hui sur l’expérience particulière de Jacob avec Dieu, relatée par le livre de la Genèse. Seul dans la nuit, le Patriarche est assailli à l’improviste par quelqu’un de mystérieux qu’il n’arrive pas à identifier à cause de l’obscurité. Jacob se défend vaillamment et demande le nom de son rival qui répond par la même question. En donnant son nom, Jacob se rend et devient paradoxalement vainqueur. L’être mystérieux lui donne alors un nouveau nom : Israël qui signifie : Dieu est fort, Dieu triomphe. Cette nouvelle identité témoigne de la victoire de Dieu, qui donne gratuitement la bénédiction à Jacob. La tradition spirituelle de l’Église a retenu de ce récit le symbole de la prière comme combat de la foi et victoire de la persévérance. C’est la longue nuit de la recherche de Dieu, de la lutte comme en un corps à corps symbolique, pour connaître son nom et voir son visage. Nuit de la prière et du désir de Dieu, qui culmine dans un abandon de soi à sa miséricorde. Chers amis, toute notre vie est comme cette longue nuit de combat et de prière, habitée par le désir de la bénédiction divine, qui, reçue avec humilité, nous change réellement et nous donne une nouvelle identité.
Je salue cordialement les pèlerins francophones, particulièrement les jeunes et les membres de la communauté de l’Arche de Grenoble ! Comme Jacob, laissez-vous bénir et transformer par Dieu pour rendre béni notre monde. Puisse le Seigneur vous aider à mener le bon combat de la foi avec humilité et dans une prière quotidienne et confiante ! Avec ma bénédiction !
Synthèse de la catéchèse du Saint Père Benoît XVI au cours de l’Audience Générale au Vatican, Place Saint Pierre, le mercredi 25 mai 2011.
mercredi 18 mai 2011
Je vous invite à vous procurer la Bible, à la lire et à la méditer
Chers frères et sœurs,
nous commençons aujourd’hui un parcours biblique sur la prière, en méditant sur Abraham. Choisi par Dieu pour ramener l’humanité pécheresse à la foi, le père des croyants intercède pour les innocents et les coupables de Sodome et Gomorrhe, villes prisonnières du mal. Il ne demande pas pour ses habitants, une justice humaine. Il supplie plutôt pour une justice divine qui transforme, sauve et rend juste le pécheur qui se convertit. La prière d’Abraham va au-devant du désir divin de sauver le pécheur. Abraham prête sa voix et son cœur à la volonté divine qui trouve ainsi la possibilité de se manifester concrètement, et il en appelle au pardon. Toujours disposé à pardonner, Dieu prend en considération le bien, si infime soit-il, pour transformer le mal en bien. Le péché, ce refus de Dieu et de son amour, porte en soi déjà la punition. C’est lui qui doit être éliminé. Comme la bonté et la miséricorde divines ne trouvaient pas en l’homme le germe de bien requis pour son salut, il a fallu que Dieu lui-même devienne le juste qui intercède. Celui qui sauve ! Par l’incarnation de son Fils, l’Innocent par excellence, la prière de l’homme est pleinement exaucée. Chers frères et sœurs, la prière d’Abraham nous enseigne à ouvrir notre cœur à la surabondance de la miséricorde de Dieu et à lui demander avec persévérance et confiance le salut de l’humanité.
Chers pèlerins de langue française, en particulier les collégiens et les paroissiens présents ainsi que les pèlerins venus de la lointaine Réunion et de Montréal au Canada, je vous invite à vous procurer la Bible, à la lire et à la méditer. Vous expérimentez alors l’infinie bonté et l’inépuisable miséricorde de Dieu envers vous ! Bon pèlerinage à tous !
Synthèse de la catéchèse du Saint Père Benoît XVI au cours de l’Audience Générale au Vatican, Place Saint Pierre, le mercredi 18 mai 2011.
nous commençons aujourd’hui un parcours biblique sur la prière, en méditant sur Abraham. Choisi par Dieu pour ramener l’humanité pécheresse à la foi, le père des croyants intercède pour les innocents et les coupables de Sodome et Gomorrhe, villes prisonnières du mal. Il ne demande pas pour ses habitants, une justice humaine. Il supplie plutôt pour une justice divine qui transforme, sauve et rend juste le pécheur qui se convertit. La prière d’Abraham va au-devant du désir divin de sauver le pécheur. Abraham prête sa voix et son cœur à la volonté divine qui trouve ainsi la possibilité de se manifester concrètement, et il en appelle au pardon. Toujours disposé à pardonner, Dieu prend en considération le bien, si infime soit-il, pour transformer le mal en bien. Le péché, ce refus de Dieu et de son amour, porte en soi déjà la punition. C’est lui qui doit être éliminé. Comme la bonté et la miséricorde divines ne trouvaient pas en l’homme le germe de bien requis pour son salut, il a fallu que Dieu lui-même devienne le juste qui intercède. Celui qui sauve ! Par l’incarnation de son Fils, l’Innocent par excellence, la prière de l’homme est pleinement exaucée. Chers frères et sœurs, la prière d’Abraham nous enseigne à ouvrir notre cœur à la surabondance de la miséricorde de Dieu et à lui demander avec persévérance et confiance le salut de l’humanité.
Chers pèlerins de langue française, en particulier les collégiens et les paroissiens présents ainsi que les pèlerins venus de la lointaine Réunion et de Montréal au Canada, je vous invite à vous procurer la Bible, à la lire et à la méditer. Vous expérimentez alors l’infinie bonté et l’inépuisable miséricorde de Dieu envers vous ! Bon pèlerinage à tous !
Synthèse de la catéchèse du Saint Père Benoît XVI au cours de l’Audience Générale au Vatican, Place Saint Pierre, le mercredi 18 mai 2011.
dimanche 15 mai 2011
Prenons soin des vocations au sacerdoce et à la vie consacrée
Chers frères et soeurs,
La liturgie du IVe dimanche de Pâques nous présente une des icônes les plus belles qui, dès les premiers siècles de l'Eglise, ont représenté le Seigneur Jésus : celle du Bon Berger. L'évangile de saint Jean, au chapitre 10, décrit les traits particuliers du rapport entre le Christ Pasteur et son troupeau, un rapport tellement étroit que personne ne pourra jamais enlever les brebis de sa main. En effet, elles lui son unies par un lien d'amour et de connaissance réciproque, qui leur garantit le don incommensurable de la vie éternelle. En même temps, l'attitude du troupeau envers le Bon Berger, le Christ, est présenté par l'évangéliste par deux verbes spécifiques : écouter et suivre. Ces termes désignent les caractéristiques fondamentales de ceux qui vivent la suite du Christ. Avant tout, l'écoute de sa Parole, où naît la foi et où elle se nourrit. Seul celui qui est attentif à la voix du Seigneur est en mesure d'évaluer dans sa conscience, les décisions justes pour agir selon Dieu. De l'écoute découle alors la suite du Christ : on agit en disciples après avoir écouté et accueilli intérieurement les enseignements du Maître, pour les vivre au quotidien.
En ce dimanche, il vient donc spontanément de rappeler à Dieu les Pasteurs de l'Eglise, et ceux qui sont en train de se former pour devenir des pasteurs. Je vous invite donc à une prière spéciale pour les évêques - y compris l'évêque de Rome ! - et pour les curés, pour tous ceux qui ont une responsabilité pour guider le troupeau du Christ, afin qu'ils soient fidèles et sages en accomplissant leur ministère. Prions en particulier pour les vocations au sacerdoce en cette Journée mondiale de prière pour les Vocations, afin que ne manquent jamais de valides ouvriers à la moisson du Seigneur. Il y a 70 ans maintenant, le vénérable Pie XII a institué l'Œuvre pontificale pour les vocations sacerdotales. L'heureuse intuition de mon prédécesseur se fondait sur la conviction que les vocations grandissent et mûrissent dans les Eglises particulières, facilitées par des contextes familiers sains et fortifiés par un esprit de foi, de charité et de piété. Dans mon message envoyé pour cette Journée mondiale, j'ai souligné qu'une vocation s'accomplit lorsque l'on sort de « sa volonté fermée sur elle-même, de l'idée d'une réalisation de soi, pour se plonger dans une autre volonté, celle de Dieu, et se laisser conduire par elle ». A notre époque aussi, où la voix du Seigneur risque d'être étouffée au milieu de tant d'autres voix, chaque communauté ecclésiale est appelée à promouvoir et à prendre soin des vocations au sacerdoce et à la vie consacrée. Les hommes ont en effet toujours besoin de Dieu, même dans notre monde technologique, et l'on aura toujours besoin de pasteurs qui annoncent sa parole et font rencontrer le Seigneur dans les sacrements.
Chers frères et soeurs, revigorés par la joie pascale, et par la foi dans le ressuscité, confions nos propos et nos intentions à la Vierge Marie, mère de toute vocation, afin que, par son intercession, elle suscite et soutienne de nombreuses et saintes vocations au service de l'Eglise et du monde.
Je continue à suivre, avec une grande appréhension, le dramatique conflit armé qui, en Libye, a provoqué un nombre élevé de victimes et de souffrances, surtout au sein de la population civile. Je lance à nouveau un appel pressant afin que la voie de la négociation et du dialogue l'emporte sur celle de la violence, avec l'aide des Organismes internationaux qui travaillent à la recherche d'une solution à la crise. Je vous assure par ailleurs de ma participation priante et émue à l'engagement avec lequel l'Eglise locale assiste la population, en particulier à travers les personnes consacrées présentes dans les hôpitaux.
Ma pensée va aussi à la Syrie où il est urgent de rétablir une coexistence basée sur la concorde et l'unité. Je demande à Dieu qu'il n'y ait plus d'effusion de sang dans cette Patrie de grandes religions et civilisations, et j'invite les autorités et tous les citoyens à n'épargner aucun effort dans la recherche du bien commun et de l'accueil des aspirations légitimes à un avenir de paix et de stabilité.
Chers frères et soeurs, la béatification du pape Jean-Paul II a eu une résonance mondiale. Il y a d'autres témoignages exemplaires du Christ, beaucoup moins connus, que l'Eglise propose avec joie à la vénération des fidèles. Aujourd'hui, à Würzburg, en Allemagne, Georg Häfner, prêtre diocésain, mort martyr dans le camp de concentration de Dachau a été proclamé bienheureux ; et samedi 7 mai, à Pozzuoli, un autre prêtre, Giustino Maria Russolillo, fondateur de la Société des divines vocations, a été béatifié. Remercions le Seigneur parce qu'il ne fait pas manquer son Eglise de saints prêtres !
Chers pèlerins francophones, chaque année, au mois de mai nous vénérons la Vierge Marie. Dans son pèlerinage de foi, elle est restée discrète mais efficace pour soutenir et accompagner la mission de son Fils. En ce dimanche où l'Eglise prie pour les vocations au sacerdoce et à la vie consacrée, que son intercession maternelle suscite au cœur de nombreux jeunes une réponse généreuse et confiante à l'appel du Seigneur ! Prions comme Marie et avec elle ! Je vous bénis de grand cœur. Et vous les jeunes, répondez avec enthousiasme à l'appel au sacerdoce !
Paroles du Saint-Père Benoît XVI lors du Regina Caeli, depuis la fenêtre de son bureau au Vatican avec les pèlerins rassemblés place Saint Pierre, le dimanche 15 mai 2011. © Copyright du texte original : Libreria Editrice Vaticana. Traduction : Zenit
La liturgie du IVe dimanche de Pâques nous présente une des icônes les plus belles qui, dès les premiers siècles de l'Eglise, ont représenté le Seigneur Jésus : celle du Bon Berger. L'évangile de saint Jean, au chapitre 10, décrit les traits particuliers du rapport entre le Christ Pasteur et son troupeau, un rapport tellement étroit que personne ne pourra jamais enlever les brebis de sa main. En effet, elles lui son unies par un lien d'amour et de connaissance réciproque, qui leur garantit le don incommensurable de la vie éternelle. En même temps, l'attitude du troupeau envers le Bon Berger, le Christ, est présenté par l'évangéliste par deux verbes spécifiques : écouter et suivre. Ces termes désignent les caractéristiques fondamentales de ceux qui vivent la suite du Christ. Avant tout, l'écoute de sa Parole, où naît la foi et où elle se nourrit. Seul celui qui est attentif à la voix du Seigneur est en mesure d'évaluer dans sa conscience, les décisions justes pour agir selon Dieu. De l'écoute découle alors la suite du Christ : on agit en disciples après avoir écouté et accueilli intérieurement les enseignements du Maître, pour les vivre au quotidien.
En ce dimanche, il vient donc spontanément de rappeler à Dieu les Pasteurs de l'Eglise, et ceux qui sont en train de se former pour devenir des pasteurs. Je vous invite donc à une prière spéciale pour les évêques - y compris l'évêque de Rome ! - et pour les curés, pour tous ceux qui ont une responsabilité pour guider le troupeau du Christ, afin qu'ils soient fidèles et sages en accomplissant leur ministère. Prions en particulier pour les vocations au sacerdoce en cette Journée mondiale de prière pour les Vocations, afin que ne manquent jamais de valides ouvriers à la moisson du Seigneur. Il y a 70 ans maintenant, le vénérable Pie XII a institué l'Œuvre pontificale pour les vocations sacerdotales. L'heureuse intuition de mon prédécesseur se fondait sur la conviction que les vocations grandissent et mûrissent dans les Eglises particulières, facilitées par des contextes familiers sains et fortifiés par un esprit de foi, de charité et de piété. Dans mon message envoyé pour cette Journée mondiale, j'ai souligné qu'une vocation s'accomplit lorsque l'on sort de « sa volonté fermée sur elle-même, de l'idée d'une réalisation de soi, pour se plonger dans une autre volonté, celle de Dieu, et se laisser conduire par elle ». A notre époque aussi, où la voix du Seigneur risque d'être étouffée au milieu de tant d'autres voix, chaque communauté ecclésiale est appelée à promouvoir et à prendre soin des vocations au sacerdoce et à la vie consacrée. Les hommes ont en effet toujours besoin de Dieu, même dans notre monde technologique, et l'on aura toujours besoin de pasteurs qui annoncent sa parole et font rencontrer le Seigneur dans les sacrements.
Chers frères et soeurs, revigorés par la joie pascale, et par la foi dans le ressuscité, confions nos propos et nos intentions à la Vierge Marie, mère de toute vocation, afin que, par son intercession, elle suscite et soutienne de nombreuses et saintes vocations au service de l'Eglise et du monde.
Je continue à suivre, avec une grande appréhension, le dramatique conflit armé qui, en Libye, a provoqué un nombre élevé de victimes et de souffrances, surtout au sein de la population civile. Je lance à nouveau un appel pressant afin que la voie de la négociation et du dialogue l'emporte sur celle de la violence, avec l'aide des Organismes internationaux qui travaillent à la recherche d'une solution à la crise. Je vous assure par ailleurs de ma participation priante et émue à l'engagement avec lequel l'Eglise locale assiste la population, en particulier à travers les personnes consacrées présentes dans les hôpitaux.
Ma pensée va aussi à la Syrie où il est urgent de rétablir une coexistence basée sur la concorde et l'unité. Je demande à Dieu qu'il n'y ait plus d'effusion de sang dans cette Patrie de grandes religions et civilisations, et j'invite les autorités et tous les citoyens à n'épargner aucun effort dans la recherche du bien commun et de l'accueil des aspirations légitimes à un avenir de paix et de stabilité.
Chers frères et soeurs, la béatification du pape Jean-Paul II a eu une résonance mondiale. Il y a d'autres témoignages exemplaires du Christ, beaucoup moins connus, que l'Eglise propose avec joie à la vénération des fidèles. Aujourd'hui, à Würzburg, en Allemagne, Georg Häfner, prêtre diocésain, mort martyr dans le camp de concentration de Dachau a été proclamé bienheureux ; et samedi 7 mai, à Pozzuoli, un autre prêtre, Giustino Maria Russolillo, fondateur de la Société des divines vocations, a été béatifié. Remercions le Seigneur parce qu'il ne fait pas manquer son Eglise de saints prêtres !
Chers pèlerins francophones, chaque année, au mois de mai nous vénérons la Vierge Marie. Dans son pèlerinage de foi, elle est restée discrète mais efficace pour soutenir et accompagner la mission de son Fils. En ce dimanche où l'Eglise prie pour les vocations au sacerdoce et à la vie consacrée, que son intercession maternelle suscite au cœur de nombreux jeunes une réponse généreuse et confiante à l'appel du Seigneur ! Prions comme Marie et avec elle ! Je vous bénis de grand cœur. Et vous les jeunes, répondez avec enthousiasme à l'appel au sacerdoce !
Paroles du Saint-Père Benoît XVI lors du Regina Caeli, depuis la fenêtre de son bureau au Vatican avec les pèlerins rassemblés place Saint Pierre, le dimanche 15 mai 2011. © Copyright du texte original : Libreria Editrice Vaticana. Traduction : Zenit
mercredi 11 mai 2011
Prier, c’est sentir que le sens du monde est hors du monde
Chers frères et sœurs,
je voudrais continuer aujourd’hui la catéchèse sur la manière dont la prière et le sens religieux habitent l’homme de tous les temps. Créé à l’image de Dieu, l’homme conserve en lui, malgré son péché, le désir de son Créateur. Il est par nature homo religiosus comme il est homo sapiens et faber. L’homme d’aujourd’hui comme l’homme préhistorique avant lui, cherche dans l’expérience religieuse les moyens pour dépasser sa finitude. Il porte en lui une soif d’infini, une nostalgie d’éternité, une recherche de beauté, un désir d’amour, un besoin de lumière et de vérité. Cette attraction vers Dieu est l’âme de la prière. La prière est une expérience présente dans toutes les religions, dans toutes les cultures et dans tout homme. Elle est d’abord une attitude intérieure, une manière d’être devant Dieu. Elle est le lieu de la gratuité, de la tension vers l’Invisible, l’Inattendu et l’Ineffable. « Prier, c’est sentir que le sens du monde est hors du monde ». Par l’agenouillement, une des expressions typiques de la prière, l’orant - l’homo orans - confesse son état de ‘pécheur’ et oriente tout son être vers le Mystère. L’essence de la prière se trouve dans le regard de l’homme vers le Dieu révélé en qui seul se réalise pleinement le désir humain. A l’amour fidèle de Dieu vers l’homme, celui-ci répond par la prière. Un rapport personnel entre eux s’établit : une alliance.
Je salue les pèlerins de langue française et les membres du Comité Directeur de la Fédération Internationale des Corps et Associations Consulaires ! Je vous exhorte tous à prier. Invitez également à prier vos enfants, vos parents et vos amis. Vous apprendrez à reconnaître dans le silence de votre cœur, la voix du Dieu d’amour révélé en Jésus-Christ. Avec ma bénédiction !
Synthèse de la catéchèse du Saint Père Benoît XVI au cours de l’Audience Générale au Vatican, Place Saint Pierre, le mercredi 11 mai 2011.
je voudrais continuer aujourd’hui la catéchèse sur la manière dont la prière et le sens religieux habitent l’homme de tous les temps. Créé à l’image de Dieu, l’homme conserve en lui, malgré son péché, le désir de son Créateur. Il est par nature homo religiosus comme il est homo sapiens et faber. L’homme d’aujourd’hui comme l’homme préhistorique avant lui, cherche dans l’expérience religieuse les moyens pour dépasser sa finitude. Il porte en lui une soif d’infini, une nostalgie d’éternité, une recherche de beauté, un désir d’amour, un besoin de lumière et de vérité. Cette attraction vers Dieu est l’âme de la prière. La prière est une expérience présente dans toutes les religions, dans toutes les cultures et dans tout homme. Elle est d’abord une attitude intérieure, une manière d’être devant Dieu. Elle est le lieu de la gratuité, de la tension vers l’Invisible, l’Inattendu et l’Ineffable. « Prier, c’est sentir que le sens du monde est hors du monde ». Par l’agenouillement, une des expressions typiques de la prière, l’orant - l’homo orans - confesse son état de ‘pécheur’ et oriente tout son être vers le Mystère. L’essence de la prière se trouve dans le regard de l’homme vers le Dieu révélé en qui seul se réalise pleinement le désir humain. A l’amour fidèle de Dieu vers l’homme, celui-ci répond par la prière. Un rapport personnel entre eux s’établit : une alliance.
Je salue les pèlerins de langue française et les membres du Comité Directeur de la Fédération Internationale des Corps et Associations Consulaires ! Je vous exhorte tous à prier. Invitez également à prier vos enfants, vos parents et vos amis. Vous apprendrez à reconnaître dans le silence de votre cœur, la voix du Dieu d’amour révélé en Jésus-Christ. Avec ma bénédiction !
Synthèse de la catéchèse du Saint Père Benoît XVI au cours de l’Audience Générale au Vatican, Place Saint Pierre, le mercredi 11 mai 2011.
lundi 9 mai 2011
Ne cédons pas devant la culture hédoniste
Heureusement que Benoît-et-moi est là pour nous traduire les homélies du Saint-Père, très vites déformées par nos grands médias qui s'obstinnent à y trouver des indications politiques... A Venise, devant plus de 300 000 fidèles, Benoît XVI a déclaré :
source"aujourd'hui, cette appartenance au Christ risque de se vider de sa vérité et de ses contenus les plus profonds; elle risque de devenir un horizon qui, seulement superficiellement - et dans les aspects plutôt sociaux et culturels - englobe la vie ; elle risque d'être réduite à un christianisme dans lequel l'expérience de la foi en Jésus crucifié et ressuscité n'illumine pas le chemin de l'existence [...]. Cette attitude tend malheureusement à se répandre aussi dans votre terre: ceci advient quand les disciples d'aujourd'hui s'éloignent de la Jérusalem du Crucifié et Ressuscité, ne croyant plus en la puissance et en la présence vivante du Seigneur. Le problème du mal, de la douleur et de la souffrance, le problème de l'injustice et de l'oppression, la peur des autres, des étrangers et des lointains qui arrivent sur nos terres et semblent attenter à ce que nous sommes, portent les chrétiens d'aujourd'hui à dire avec tristesse: nous espérions que le Seigneur nous délivrerait du mal, de la douleur, de la souffrance, de la peur, de l'injustice.
Il est nécessaire, alors, pour chacun de nous, comme cela est arrivé aux deux disciples d'Emmaüs, d'être enseignés par Jésus: d'abord, en écoutant et aimant la Parole de Dieu, lue à la lumière du mystère pascal, afin qu'elle réchauffe nos cœurs et éclaire nos esprits, et nous aide à interpréter les événements de la vie et à leur donner un sens. Ensuite, nous devons nous asseoir à la table avec le Seigneur, devenir ses hôtes, afin que sa présence humble dans le Sacrement de son Corps et son Sang, nous restitue le regard de la foi, pour regarder tout et tout le monde à travers les yeux de Dieu, à la lumière de son amour. [...]Même un peuple traditionnellement catholique peut, toutefois, ressentir de façon négative, ou assimiler presque inconsciemment, les répercussions d'une culture qui finit par insinuer une façon de penser dans laquelle est ouvertement rejeté, ou subrepticement caché, le message de l'Evangile. Je sais ce qu'a été et ce que continue d'être la hauteur de votre engagement à défendre les valeurs éternelles de la foi chrétienne. Je vous encourage à ne jamais céder aux tentations de la culture hédoniste et à l'appel du consumérisme matérialiste. [...]
Autour d'Aquilée se trouvèrent réunies des populations de langues et de cultures différentes, rendues convergentes non seulement par des exigences politiques, mais surtout par la foi dans le Christ et par la civilisation inspirée par l'enseignement évangélique, la civilisation de l'amour. Les Eglises générées par Aquilée sont appelées désormais à renforcer cette antique unité spirituelle, en particulier à la lumière de l'immigration et de la nouvelle situation géopolitique en cours. La foi chrétienne peut certainement contribuer à la réalité d'un tel programme, qui vise au développement complet et harmonieux de l'homme et de la société dans laquelle il vit."
dimanche 8 mai 2011
Travaillons avec un véritable esprit de communion dans la grande vigne du Seigneur
Chers frères et soeurs !
Au terme de cette célébration eucharistique solennelle, nous tournons notre regard vers Marie, Regina Caeli. Au matin de Pâques, elle est devenue la Mère du Ressuscité et son union avec Lui est tellement profonde que là où le Fils est présent, sa Mère ne peut pas ne pas l'être. En ces lieux splendides, don et signe de la beauté de Dieu, combien de sanctuaires, d'églises et de chapelles sont dédiés à Marie ! En Elle se reflète le visage lumineux du Christ. Si nous la suivons docilement, la Vierge nous conduit à Lui. En ces jours du Temps pascal, laissons-nous conquérir par le Christ ressuscité. C'est en Lui que commence le monde nouveau d'amour et de paix qui constitue l'aspiration profonde de chaque cœur humain. Que le Seigneur vous accorde, à vous, habitants de ces terres riches d'une longue histoire chrétienne, de vivre l'Evangile sur le modèle de l'Eglise naissante, dans laquelle « la multitude des croyants n'avait qu'un cœur et qu'une âme » (Ac 4, 32). Invoquons la très sainte Vierge Marie qui a soutenu les premiers témoins de son Fils dans la prédication de la Bonne Nouvelle, pour qu'elle soutienne aussi les efforts apostoliques des prêtres ; fasse fructifier le témoignage des religieux et des religieuses ; anime l'œuvre quotidienne des parents dans la première transmission de la foi à leurs enfants ; éclaire la route des jeunes afin qu'ils marchent, confiants, sur le chemin tracé par la foi des pères ; comble d'une espérance inébranlable le cœur des personnes âgées ; réconforte par sa proximité les malades et toutes les personnes souffrantes ; renforce l'œuvre des nombreux laïcs qui collaborent activement à la nouvelle évangélisation, dans les paroisses, les associations comme l'Action catholique si bien enracinée et présente ici, dans les Mouvements qui, avec la diversité de leurs charismes et de leur action, sont un signe de la richesse du tissu ecclésial - je pense au Mouvement des Focolari, à Communion et Libération ou au Chemin Néocatéchuménal, pour n'en citer que quelques uns. Je vous encourage tous à travailler avec un véritable esprit de communion dans cette grande vigne dans laquelle le Seigneur nous a appelés à œuvrer. Marie, Mère du Ressuscité et de l'Eglise, prie pour nous !
Paroles prononcées par le pape Benoît XVI avant la prière du Regina Cæli, dimanche 8 mai 2011, à l'issue de la messe célébrée en présence de quelque 300 000 fidèles dans le parc Giuliano, à Mestre (Venise), dans le cadre du voyage du pape dans le Nord-est de l'Italie.
Traduction ESM
Au terme de cette célébration eucharistique solennelle, nous tournons notre regard vers Marie, Regina Caeli. Au matin de Pâques, elle est devenue la Mère du Ressuscité et son union avec Lui est tellement profonde que là où le Fils est présent, sa Mère ne peut pas ne pas l'être. En ces lieux splendides, don et signe de la beauté de Dieu, combien de sanctuaires, d'églises et de chapelles sont dédiés à Marie ! En Elle se reflète le visage lumineux du Christ. Si nous la suivons docilement, la Vierge nous conduit à Lui. En ces jours du Temps pascal, laissons-nous conquérir par le Christ ressuscité. C'est en Lui que commence le monde nouveau d'amour et de paix qui constitue l'aspiration profonde de chaque cœur humain. Que le Seigneur vous accorde, à vous, habitants de ces terres riches d'une longue histoire chrétienne, de vivre l'Evangile sur le modèle de l'Eglise naissante, dans laquelle « la multitude des croyants n'avait qu'un cœur et qu'une âme » (Ac 4, 32). Invoquons la très sainte Vierge Marie qui a soutenu les premiers témoins de son Fils dans la prédication de la Bonne Nouvelle, pour qu'elle soutienne aussi les efforts apostoliques des prêtres ; fasse fructifier le témoignage des religieux et des religieuses ; anime l'œuvre quotidienne des parents dans la première transmission de la foi à leurs enfants ; éclaire la route des jeunes afin qu'ils marchent, confiants, sur le chemin tracé par la foi des pères ; comble d'une espérance inébranlable le cœur des personnes âgées ; réconforte par sa proximité les malades et toutes les personnes souffrantes ; renforce l'œuvre des nombreux laïcs qui collaborent activement à la nouvelle évangélisation, dans les paroisses, les associations comme l'Action catholique si bien enracinée et présente ici, dans les Mouvements qui, avec la diversité de leurs charismes et de leur action, sont un signe de la richesse du tissu ecclésial - je pense au Mouvement des Focolari, à Communion et Libération ou au Chemin Néocatéchuménal, pour n'en citer que quelques uns. Je vous encourage tous à travailler avec un véritable esprit de communion dans cette grande vigne dans laquelle le Seigneur nous a appelés à œuvrer. Marie, Mère du Ressuscité et de l'Eglise, prie pour nous !
Paroles prononcées par le pape Benoît XVI avant la prière du Regina Cæli, dimanche 8 mai 2011, à l'issue de la messe célébrée en présence de quelque 300 000 fidèles dans le parc Giuliano, à Mestre (Venise), dans le cadre du voyage du pape dans le Nord-est de l'Italie.
Traduction ESM
mercredi 4 mai 2011
C’est en Jésus que l’homme devient capable de s’approcher de Dieu, dans une relation profonde et intime
Chers Frères et Sœurs,
je voudrais commencer aujourd’hui une nouvelle série de catéchèses, consacrée au thème de la prière, celle que Jésus nous a enseignée et que l’Église continue à nous enseigner. C’est en Jésus que l’homme devient capable de s’approcher de Dieu, dans une relation profonde et intime. Nous chercherons à vivre plus intensément notre relation au Seigneur, dans une sorte d’École de la prière. Car nous savons bien que la prière ne va pas de soi, il faut apprendre à prier de manière authentique en nous mettant à l’école de Jésus. Dans les anciennes cultures, toujours et partout, les hommes se sont adressés à Dieu. Nous y trouvons la conscience que l’être humain a de sa condition de créature et de sa dépendance d’un Autre qui lui est supérieur et source de tout bien. L’homme de tous les temps prie parce qu’il se demande quel est le sens de son existence. Les exemples de prière de ces cultures anciennes sont un témoignage de la dimension religieuse et du désir de Dieu inscrits dans le cœur de l’homme. La Révélation biblique purifie et porte à sa plénitude cet élan de l’homme vers Dieu, en lui offrant, dans la prière, la possibilité d’une relation plus profonde avec le Père céleste. Avec les premiers disciples, nous disons avec confiance : « Seigneur apprends-nous à prier » (Lc 11, 1).
Je suis heureux de vous accueillir, chers pèlerins francophones. Je salue en particulier les enfants de l’école grecque orthodoxe Oreokastron, de Thessalonique, et les pèlerins de République Centrafricaine. Que votre pèlerinage à Rome vous aide à découvrir ou à redécouvrir la nécessité de la prière dans votre vie. Avec ma Bénédiction apostolique!
Synthèse de la catéchèse du Saint Père Benoît XVI au cours de l’Audience Générale au Vatican, Place Saint Pierre, le mercredi 4 mai 2011.
je voudrais commencer aujourd’hui une nouvelle série de catéchèses, consacrée au thème de la prière, celle que Jésus nous a enseignée et que l’Église continue à nous enseigner. C’est en Jésus que l’homme devient capable de s’approcher de Dieu, dans une relation profonde et intime. Nous chercherons à vivre plus intensément notre relation au Seigneur, dans une sorte d’École de la prière. Car nous savons bien que la prière ne va pas de soi, il faut apprendre à prier de manière authentique en nous mettant à l’école de Jésus. Dans les anciennes cultures, toujours et partout, les hommes se sont adressés à Dieu. Nous y trouvons la conscience que l’être humain a de sa condition de créature et de sa dépendance d’un Autre qui lui est supérieur et source de tout bien. L’homme de tous les temps prie parce qu’il se demande quel est le sens de son existence. Les exemples de prière de ces cultures anciennes sont un témoignage de la dimension religieuse et du désir de Dieu inscrits dans le cœur de l’homme. La Révélation biblique purifie et porte à sa plénitude cet élan de l’homme vers Dieu, en lui offrant, dans la prière, la possibilité d’une relation plus profonde avec le Père céleste. Avec les premiers disciples, nous disons avec confiance : « Seigneur apprends-nous à prier » (Lc 11, 1).
Je suis heureux de vous accueillir, chers pèlerins francophones. Je salue en particulier les enfants de l’école grecque orthodoxe Oreokastron, de Thessalonique, et les pèlerins de République Centrafricaine. Que votre pèlerinage à Rome vous aide à découvrir ou à redécouvrir la nécessité de la prière dans votre vie. Avec ma Bénédiction apostolique!
Synthèse de la catéchèse du Saint Père Benoît XVI au cours de l’Audience Générale au Vatican, Place Saint Pierre, le mercredi 4 mai 2011.
dimanche 1 mai 2011
Construisons une civilisation de l’amour, dans le respect de la dignité de chaque personne humaine
Je salue avec joie les Délégations officielles, les Autorités civiles et militaires des Pays francophones ainsi que les Cardinaux, les Patriarches, les Evêques, les prêtres et les nombreux pèlerins venus à Rome pour la Béatification.
Chers amis,
que la vie et l’œuvre du Bienheureux Jean-Paul II soit source d’un engagement renouvelé au service de tous les hommes et de tout l’homme ! Je lui demande de bénir les efforts de chacun pour construire une civilisation de l’amour, dans le respect de la dignité de chaque personne humaine, créée à l’image de Dieu, avec une attention particulière à celle qui est plus fragile. Avec lui, marchez sur les traces lumineuses des bienheureux et des saints de vos Pays ! Que la Vierge Marie vous accompagne ! Avec ma bénédiction.
Regina Cæli du Saint Père Benoît XVI à l'issue de la messe de béatification du Pape Jean-Paul II sur le parvis de la basilique Saint Pierre au Vatican, le dimanche 1er mai 2011, fête de la miséricorde.
Chers amis,
que la vie et l’œuvre du Bienheureux Jean-Paul II soit source d’un engagement renouvelé au service de tous les hommes et de tout l’homme ! Je lui demande de bénir les efforts de chacun pour construire une civilisation de l’amour, dans le respect de la dignité de chaque personne humaine, créée à l’image de Dieu, avec une attention particulière à celle qui est plus fragile. Avec lui, marchez sur les traces lumineuses des bienheureux et des saints de vos Pays ! Que la Vierge Marie vous accompagne ! Avec ma bénédiction.
Regina Cæli du Saint Père Benoît XVI à l'issue de la messe de béatification du Pape Jean-Paul II sur le parvis de la basilique Saint Pierre au Vatican, le dimanche 1er mai 2011, fête de la miséricorde.
Messe de Béatification de Jean-Paul II : Homélie du Saint Père Benoît XVI
Chers frères et sœurs !
Il y a six ans désormais, nous nous trouvions sur cette place pour célébrer les funérailles du Pape Jean-Paul II. La douleur causée par sa mort était profonde, mais supérieur était le sentiment qu’une immense grâce enveloppait Rome et le monde entier : la grâce qui était en quelque sorte le fruit de toute la vie de mon aimé Prédécesseur et, en particulier, de son témoignage dans la souffrance. Ce jour-là, nous sentions déjà flotter le parfum de sa sainteté, et le Peuple de Dieu a manifesté de nombreuses manières sa vénération pour lui. C’est pourquoi j’ai voulu, tout en respectant la réglementation en vigueur de l’Église, que sa cause de béatification puisse avancer avec une certaine célérité. Et voici que le jour tant attendu est arrivé ! Il est vite arrivé, car il en a plu ainsi au Seigneur : Jean-Paul II est bienheureux !
Je désire adresser mes cordiales salutations à vous tous qui, pour cette heureuse circonstance, êtes venus si nombreux à Rome de toutes les régions du monde, Messieurs les Cardinaux, Patriarches des Églises Orientales Catholiques, Confrères dans l’Épiscopat et dans le sacerdoce, Délégations officielles, Ambassadeurs et Autorités, personnes consacrées et fidèles laïcs, ainsi qu’à tous ceux qui nous sont unis à travers la radio et la télévision.
Ce dimanche est le deuxième dimanche de Pâques, que le bienheureux Jean-Paul II a dédié à la Divine Miséricorde. C’est pourquoi ce jour a été choisi pour la célébration d’aujourd’hui, car, par un dessein providentiel, mon prédécesseur a rendu l’esprit justement la veille au soir de cette fête. Aujourd’hui, de plus, c’est le premier jour du mois de mai, le mois de Marie, et c’est aussi la mémoire de saint Joseph travailleur. Ces éléments contribuent à enrichir notre prière et ils nous aident, nous qui sommes encore pèlerins dans le temps et dans l’espace, tandis qu’au Ciel, la fête parmi les Anges et les Saints est bien différente ! Toutefois unique est Dieu, et unique est le Christ Seigneur qui, comme un pont, relie la terre et le Ciel, et nous, en ce moment, nous nous sentons plus que jamais proches, presque participants de la Liturgie céleste.
« Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. » (Jn 20,29). Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus prononce cette béatitude : la béatitude de la foi. Elle nous frappe de façon particulière parce que nous sommes justement réunis pour célébrer une béatification, et plus encore parce qu’aujourd’hui a été proclamé bienheureux un Pape, un Successeur de Pierre, appelé à confirmer ses frères dans la foi. Jean-Paul II est bienheureux pour sa foi, forte et généreuse, apostolique. Et, tout de suite, nous vient à l’esprit cette autre béatitude : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 16, 17). Qu’a donc révélé le Père céleste à Simon ? Que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Grâce à cette foi, Simon devient « Pierre », le rocher sur lequel Jésus peut bâtir son Église. La béatitude éternelle de Jean-Paul II, qu’aujourd’hui l’Église a la joie de proclamer, réside entièrement dans ces paroles du Christ : « Tu es heureux, Simon » et « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. ». La béatitude de la foi, que Jean-Paul II aussi a reçue en don de Dieu le Père, pour l’édification de l’Église du Christ.
Cependant notre pensée va à une autre béatitude qui, dans l’Évangile, précède toutes les autres. C’est celle de la Vierge Marie, la Mère du Rédempteur. C’est à elle, qui vient à peine de concevoir Jésus dans son sein, que Sainte Élisabeth dit : « Bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! » (Lc 1, 45). La béatitude de la foi a son modèle en Marie et nous sommes tous heureux que la béatification de Jean-Paul II advienne le premier jour du mois marial, sous le regard maternel de Celle qui, par sa foi, soutient la foi des Apôtres et soutient sans cesse la foi de leurs successeurs, spécialement de ceux qui sont appelés à siéger sur la chaire de Pierre. Marie n’apparaît pas dans les récits de la résurrection du Christ, mais sa présence est comme cachée partout : elle est la Mère, à qui Jésus a confié chacun des disciples et la communauté tout entière. En particulier, nous notons que la présence effective et maternelle de Marie est signalée par saint Jean et par saint Luc dans des contextes qui précèdent ceux de l’Évangile d’aujourd’hui et de la première Lecture : dans le récit de la mort de Jésus, où Marie apparaît au pied de la croix (Jn 19, 25) ; et au début des Actes des Apôtres, qui la montrent au milieu des disciples réunis en prière au Cénacle (Ac 1, 14).
La deuxième Lecture d’aujourd’hui nous parle aussi de la foi, et c’est justement saint Pierre qui écrit, plein d’enthousiasme spirituel, indiquant aux nouveaux baptisés les raisons de leur espérance et de leur joie. J’aime observer que dans ce passage, au début de sa Première Lettre, Pierre n’emploie pas le mode exhortatif, mais indicatif pour s’exprimer ; il écrit en effet : « Vous en tressaillez de joie », et il ajoute : « Sans l’avoir vu vous l’aimez ; sans le voir encore, mais en croyant, vous tressaillez d’une joie indicible et pleine de gloire, sûrs d’obtenir l’objet de votre foi : le salut des âmes. » (1 P 1, 6. 8-9). Tout est à l’indicatif, parce qu’existe une nouvelle réalité, engendrée par la résurrection du Christ, une réalité accessible à la foi. « C’est là l’œuvre du Seigneur – dit le Psaume (118, 23) – ce fut une merveille à nos yeux », les yeux de la foi.
Chers frères et sœurs, aujourd’hui, resplendit à nos yeux, dans la pleine lumière spirituelle du Christ Ressuscité, la figure aimée et vénérée de Jean-Paul II. Aujourd’hui, son nom s’ajoute à la foule des saints et bienheureux qu’il a proclamés durant les presque 27 ans de son pontificat, rappelant avec force la vocation universelle à la dimension élevée de la vie chrétienne, à la sainteté, comme l’affirme la Constitution conciliaire Lumen gentium sur l’Église. Tous les membres du Peuple de Dieu – évêques, prêtres, diacres, fidèles laïcs, religieux, religieuses –, nous sommes en marche vers la patrie céleste, où nous a précédé la Vierge Marie, associée de manière particulière et parfaite au mystère du Christ et de l’Église. Karol Wojtyła, d’abord comme Évêque Auxiliaire puis comme Archevêque de Cracovie, a participé au Concile Vatican II et il savait bien que consacrer à Marie le dernier chapitre du Document sur l’Église signifiait placer la Mère du Rédempteur comme image et modèle de sainteté pour chaque chrétien et pour l’Église entière. Cette vision théologique est celle que le bienheureux Jean-Paul II a découverte quand il était jeune et qu’il a ensuite conservée et approfondie toute sa vie. C’est une vision qui est synthétisée dans l’icône biblique du Christ sur la croix ayant auprès de lui Marie, sa mère. Icône qui se trouve dans l’Évangile de Jean (19, 25-27) et qui est résumée dans les armoiries épiscopales puis papales de Karol Wojtyła : une croix d’or, un « M » en bas à droite, et la devise « Totus tuus », qui correspond à la célèbre expression de saint Louis Marie Grignion de Montfort, en laquelle Karol Wojtyła a trouvé un principe fondamental pour sa vie : « Totus tuus ego sum et omnia mea tua sunt. Accipio Te in mea omnia. Praebe mihi cor tuum, Maria – Je suis tout à toi et tout ce que j’ai est à toi. Sois mon guide en tout. Donnes-moi ton cœur, O Marie » (Traité de la vraie dévotion à Marie, nn. 233 et 266).
Dans son Testament, le nouveau bienheureux écrivait : « Lorsque, le jour du 16 octobre 1978, le conclave des Cardinaux choisit Jean-Paul II, le Primat de la Pologne, le Card. Stefan Wyszyński, me dit : "Le devoir du nouveau Pape sera d’introduire l’Église dans le Troisième Millénaire". Et il ajoutait : « Je désire encore une fois exprimer ma gratitude à l’Esprit Saint pour le grand don du Concile Vatican II, envers lequel je me sens débiteur avec l’Église tout entière – et surtout avec l’épiscopat tout entier –. Je suis convaincu qu’il sera encore donné aux nouvelles générations de puiser pendant longtemps aux richesses que ce Concile du XXème siècle nous a offertes. En tant qu’évêque qui a participé à l’événement conciliaire du premier au dernier jour, je désire confier ce grand patrimoine à tous ceux qui sont et qui seront appelés à le réaliser à l’avenir. Pour ma part, je rends grâce au Pasteur éternel qui m’a permis de servir cette très grande cause au cours de toutes les années de mon pontificat ». Et quelle est cette « cause » ? Celle-là même que Jean-Paul II a formulée au cours de sa première Messe solennelle sur la place Saint-Pierre, par ces paroles mémorables : « N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! ». Ce que le Pape nouvellement élu demandait à tous, il l’a fait lui-même le premier : il a ouvert au Christ la société, la culture, les systèmes politiques et économiques, en inversant avec une force de géant – force qui lui venait de Dieu – une tendance qui pouvait sembler irréversible. Par son témoignage de foi, d’amour et de courage apostolique, accompagné d’une grande charge humaine, ce fils exemplaire de la nation polonaise a aidé les chrétiens du monde entier à ne pas avoir peur de se dire chrétiens, d’appartenir à l’Église, de parler de l’Évangile. En un mot : il nous a aidés à ne pas avoir peur de la vérité, car la vérité est garantie de la liberté. De façon plus synthétique encore : il nous a redonné la force de croire au Christ, car le Christ est Redemptor hominis, le Rédempteur de l’homme : thème de sa première Encyclique et fil conducteur de toutes les autres.
Karol Wojtyła est monté sur le siège de Pierre, apportant avec lui sa profonde réflexion sur la confrontation, centrée sur l’homme, entre le marxisme et le christianisme. Son message a été celui-ci : l’homme est le chemin de l’Église, et Christ est le chemin de l’homme. Par ce message, qui est le grand héritage du Concile Vatican II et de son « timonier », le Serviteur de Dieu le Pape Paul VI, Jean-Paul II a conduit le Peuple de Dieu pour qu’il franchisse le seuil du Troisième Millénaire, qu’il a pu appeler, précisément grâce au Christ, le « seuil de l’espérance ». Oui, à travers le long chemin de préparation au Grand Jubilé, il a donné au Christianisme une orientation renouvelée vers l’avenir, l’avenir de Dieu, transcendant quant à l’histoire, mais qui, quoi qu’il en soit, a une influence sur l’histoire. Cette charge d’espérance qui avait été cédée en quelque sorte au marxisme et à l’idéologie du progrès, il l’a légitimement revendiquée pour le Christianisme, en lui restituant la physionomie authentique de l’espérance, à vivre dans l’histoire avec un esprit d’« avent », dans une existence personnelle et communautaire orientée vers le Christ, plénitude de l’homme et accomplissement de ses attentes de justice et de paix.
Je voudrais enfin rendre grâce à Dieu pour l’expérience personnelle qu’il m’a accordée, en collaborant pendant une longue période avec le bienheureux Pape Jean-Paul II. Auparavant, j’avais déjà eu la possibilité de le connaître et de l’estimer, mais à partir de 1982, quand il m’a appelé à Rome comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, j’ai pu lui être proche et vénérer toujours plus sa personne pendant 23 ans. Mon service a été soutenu par sa profondeur spirituelle, par la richesse de ses intuitions. L’exemple de sa prière m’a toujours frappé et édifié : il s’immergeait dans la rencontre avec Dieu, même au milieu des multiples obligations de son ministère. Et puis son témoignage dans la souffrance : le Seigneur l’a dépouillé petit à petit de tout, mais il est resté toujours un « rocher », comme le Christ l’a voulu. Sa profonde humilité, enracinée dans son union intime au Christ, lui a permis de continuer à guider l’Église et à donner au monde un message encore plus éloquent précisément au moment où les forces physiques lui venaient à manquer. Il a réalisé ainsi, de manière extraordinaire, la vocation de tout prêtre et évêque : ne plus faire qu’un avec ce Jésus, qu’il reçoit et offre chaque jour dans l’Église.
Bienheureux es-tu, bien aimé Pape Jean-Paul II, parce que tu as cru ! Continue – nous t’en prions – de soutenir du Ciel la foi du Peuple de Dieu. Tant de fois il nous a béni sur cette place du Palais Apostolique. Aujourd‘hui, nous te prions : Saint Père, bénis nous. Amen.
Il y a six ans désormais, nous nous trouvions sur cette place pour célébrer les funérailles du Pape Jean-Paul II. La douleur causée par sa mort était profonde, mais supérieur était le sentiment qu’une immense grâce enveloppait Rome et le monde entier : la grâce qui était en quelque sorte le fruit de toute la vie de mon aimé Prédécesseur et, en particulier, de son témoignage dans la souffrance. Ce jour-là, nous sentions déjà flotter le parfum de sa sainteté, et le Peuple de Dieu a manifesté de nombreuses manières sa vénération pour lui. C’est pourquoi j’ai voulu, tout en respectant la réglementation en vigueur de l’Église, que sa cause de béatification puisse avancer avec une certaine célérité. Et voici que le jour tant attendu est arrivé ! Il est vite arrivé, car il en a plu ainsi au Seigneur : Jean-Paul II est bienheureux !
Je désire adresser mes cordiales salutations à vous tous qui, pour cette heureuse circonstance, êtes venus si nombreux à Rome de toutes les régions du monde, Messieurs les Cardinaux, Patriarches des Églises Orientales Catholiques, Confrères dans l’Épiscopat et dans le sacerdoce, Délégations officielles, Ambassadeurs et Autorités, personnes consacrées et fidèles laïcs, ainsi qu’à tous ceux qui nous sont unis à travers la radio et la télévision.
Ce dimanche est le deuxième dimanche de Pâques, que le bienheureux Jean-Paul II a dédié à la Divine Miséricorde. C’est pourquoi ce jour a été choisi pour la célébration d’aujourd’hui, car, par un dessein providentiel, mon prédécesseur a rendu l’esprit justement la veille au soir de cette fête. Aujourd’hui, de plus, c’est le premier jour du mois de mai, le mois de Marie, et c’est aussi la mémoire de saint Joseph travailleur. Ces éléments contribuent à enrichir notre prière et ils nous aident, nous qui sommes encore pèlerins dans le temps et dans l’espace, tandis qu’au Ciel, la fête parmi les Anges et les Saints est bien différente ! Toutefois unique est Dieu, et unique est le Christ Seigneur qui, comme un pont, relie la terre et le Ciel, et nous, en ce moment, nous nous sentons plus que jamais proches, presque participants de la Liturgie céleste.
« Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. » (Jn 20,29). Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus prononce cette béatitude : la béatitude de la foi. Elle nous frappe de façon particulière parce que nous sommes justement réunis pour célébrer une béatification, et plus encore parce qu’aujourd’hui a été proclamé bienheureux un Pape, un Successeur de Pierre, appelé à confirmer ses frères dans la foi. Jean-Paul II est bienheureux pour sa foi, forte et généreuse, apostolique. Et, tout de suite, nous vient à l’esprit cette autre béatitude : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 16, 17). Qu’a donc révélé le Père céleste à Simon ? Que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Grâce à cette foi, Simon devient « Pierre », le rocher sur lequel Jésus peut bâtir son Église. La béatitude éternelle de Jean-Paul II, qu’aujourd’hui l’Église a la joie de proclamer, réside entièrement dans ces paroles du Christ : « Tu es heureux, Simon » et « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. ». La béatitude de la foi, que Jean-Paul II aussi a reçue en don de Dieu le Père, pour l’édification de l’Église du Christ.
Cependant notre pensée va à une autre béatitude qui, dans l’Évangile, précède toutes les autres. C’est celle de la Vierge Marie, la Mère du Rédempteur. C’est à elle, qui vient à peine de concevoir Jésus dans son sein, que Sainte Élisabeth dit : « Bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! » (Lc 1, 45). La béatitude de la foi a son modèle en Marie et nous sommes tous heureux que la béatification de Jean-Paul II advienne le premier jour du mois marial, sous le regard maternel de Celle qui, par sa foi, soutient la foi des Apôtres et soutient sans cesse la foi de leurs successeurs, spécialement de ceux qui sont appelés à siéger sur la chaire de Pierre. Marie n’apparaît pas dans les récits de la résurrection du Christ, mais sa présence est comme cachée partout : elle est la Mère, à qui Jésus a confié chacun des disciples et la communauté tout entière. En particulier, nous notons que la présence effective et maternelle de Marie est signalée par saint Jean et par saint Luc dans des contextes qui précèdent ceux de l’Évangile d’aujourd’hui et de la première Lecture : dans le récit de la mort de Jésus, où Marie apparaît au pied de la croix (Jn 19, 25) ; et au début des Actes des Apôtres, qui la montrent au milieu des disciples réunis en prière au Cénacle (Ac 1, 14).
La deuxième Lecture d’aujourd’hui nous parle aussi de la foi, et c’est justement saint Pierre qui écrit, plein d’enthousiasme spirituel, indiquant aux nouveaux baptisés les raisons de leur espérance et de leur joie. J’aime observer que dans ce passage, au début de sa Première Lettre, Pierre n’emploie pas le mode exhortatif, mais indicatif pour s’exprimer ; il écrit en effet : « Vous en tressaillez de joie », et il ajoute : « Sans l’avoir vu vous l’aimez ; sans le voir encore, mais en croyant, vous tressaillez d’une joie indicible et pleine de gloire, sûrs d’obtenir l’objet de votre foi : le salut des âmes. » (1 P 1, 6. 8-9). Tout est à l’indicatif, parce qu’existe une nouvelle réalité, engendrée par la résurrection du Christ, une réalité accessible à la foi. « C’est là l’œuvre du Seigneur – dit le Psaume (118, 23) – ce fut une merveille à nos yeux », les yeux de la foi.
Chers frères et sœurs, aujourd’hui, resplendit à nos yeux, dans la pleine lumière spirituelle du Christ Ressuscité, la figure aimée et vénérée de Jean-Paul II. Aujourd’hui, son nom s’ajoute à la foule des saints et bienheureux qu’il a proclamés durant les presque 27 ans de son pontificat, rappelant avec force la vocation universelle à la dimension élevée de la vie chrétienne, à la sainteté, comme l’affirme la Constitution conciliaire Lumen gentium sur l’Église. Tous les membres du Peuple de Dieu – évêques, prêtres, diacres, fidèles laïcs, religieux, religieuses –, nous sommes en marche vers la patrie céleste, où nous a précédé la Vierge Marie, associée de manière particulière et parfaite au mystère du Christ et de l’Église. Karol Wojtyła, d’abord comme Évêque Auxiliaire puis comme Archevêque de Cracovie, a participé au Concile Vatican II et il savait bien que consacrer à Marie le dernier chapitre du Document sur l’Église signifiait placer la Mère du Rédempteur comme image et modèle de sainteté pour chaque chrétien et pour l’Église entière. Cette vision théologique est celle que le bienheureux Jean-Paul II a découverte quand il était jeune et qu’il a ensuite conservée et approfondie toute sa vie. C’est une vision qui est synthétisée dans l’icône biblique du Christ sur la croix ayant auprès de lui Marie, sa mère. Icône qui se trouve dans l’Évangile de Jean (19, 25-27) et qui est résumée dans les armoiries épiscopales puis papales de Karol Wojtyła : une croix d’or, un « M » en bas à droite, et la devise « Totus tuus », qui correspond à la célèbre expression de saint Louis Marie Grignion de Montfort, en laquelle Karol Wojtyła a trouvé un principe fondamental pour sa vie : « Totus tuus ego sum et omnia mea tua sunt. Accipio Te in mea omnia. Praebe mihi cor tuum, Maria – Je suis tout à toi et tout ce que j’ai est à toi. Sois mon guide en tout. Donnes-moi ton cœur, O Marie » (Traité de la vraie dévotion à Marie, nn. 233 et 266).
Dans son Testament, le nouveau bienheureux écrivait : « Lorsque, le jour du 16 octobre 1978, le conclave des Cardinaux choisit Jean-Paul II, le Primat de la Pologne, le Card. Stefan Wyszyński, me dit : "Le devoir du nouveau Pape sera d’introduire l’Église dans le Troisième Millénaire". Et il ajoutait : « Je désire encore une fois exprimer ma gratitude à l’Esprit Saint pour le grand don du Concile Vatican II, envers lequel je me sens débiteur avec l’Église tout entière – et surtout avec l’épiscopat tout entier –. Je suis convaincu qu’il sera encore donné aux nouvelles générations de puiser pendant longtemps aux richesses que ce Concile du XXème siècle nous a offertes. En tant qu’évêque qui a participé à l’événement conciliaire du premier au dernier jour, je désire confier ce grand patrimoine à tous ceux qui sont et qui seront appelés à le réaliser à l’avenir. Pour ma part, je rends grâce au Pasteur éternel qui m’a permis de servir cette très grande cause au cours de toutes les années de mon pontificat ». Et quelle est cette « cause » ? Celle-là même que Jean-Paul II a formulée au cours de sa première Messe solennelle sur la place Saint-Pierre, par ces paroles mémorables : « N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! ». Ce que le Pape nouvellement élu demandait à tous, il l’a fait lui-même le premier : il a ouvert au Christ la société, la culture, les systèmes politiques et économiques, en inversant avec une force de géant – force qui lui venait de Dieu – une tendance qui pouvait sembler irréversible. Par son témoignage de foi, d’amour et de courage apostolique, accompagné d’une grande charge humaine, ce fils exemplaire de la nation polonaise a aidé les chrétiens du monde entier à ne pas avoir peur de se dire chrétiens, d’appartenir à l’Église, de parler de l’Évangile. En un mot : il nous a aidés à ne pas avoir peur de la vérité, car la vérité est garantie de la liberté. De façon plus synthétique encore : il nous a redonné la force de croire au Christ, car le Christ est Redemptor hominis, le Rédempteur de l’homme : thème de sa première Encyclique et fil conducteur de toutes les autres.
Karol Wojtyła est monté sur le siège de Pierre, apportant avec lui sa profonde réflexion sur la confrontation, centrée sur l’homme, entre le marxisme et le christianisme. Son message a été celui-ci : l’homme est le chemin de l’Église, et Christ est le chemin de l’homme. Par ce message, qui est le grand héritage du Concile Vatican II et de son « timonier », le Serviteur de Dieu le Pape Paul VI, Jean-Paul II a conduit le Peuple de Dieu pour qu’il franchisse le seuil du Troisième Millénaire, qu’il a pu appeler, précisément grâce au Christ, le « seuil de l’espérance ». Oui, à travers le long chemin de préparation au Grand Jubilé, il a donné au Christianisme une orientation renouvelée vers l’avenir, l’avenir de Dieu, transcendant quant à l’histoire, mais qui, quoi qu’il en soit, a une influence sur l’histoire. Cette charge d’espérance qui avait été cédée en quelque sorte au marxisme et à l’idéologie du progrès, il l’a légitimement revendiquée pour le Christianisme, en lui restituant la physionomie authentique de l’espérance, à vivre dans l’histoire avec un esprit d’« avent », dans une existence personnelle et communautaire orientée vers le Christ, plénitude de l’homme et accomplissement de ses attentes de justice et de paix.
Je voudrais enfin rendre grâce à Dieu pour l’expérience personnelle qu’il m’a accordée, en collaborant pendant une longue période avec le bienheureux Pape Jean-Paul II. Auparavant, j’avais déjà eu la possibilité de le connaître et de l’estimer, mais à partir de 1982, quand il m’a appelé à Rome comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, j’ai pu lui être proche et vénérer toujours plus sa personne pendant 23 ans. Mon service a été soutenu par sa profondeur spirituelle, par la richesse de ses intuitions. L’exemple de sa prière m’a toujours frappé et édifié : il s’immergeait dans la rencontre avec Dieu, même au milieu des multiples obligations de son ministère. Et puis son témoignage dans la souffrance : le Seigneur l’a dépouillé petit à petit de tout, mais il est resté toujours un « rocher », comme le Christ l’a voulu. Sa profonde humilité, enracinée dans son union intime au Christ, lui a permis de continuer à guider l’Église et à donner au monde un message encore plus éloquent précisément au moment où les forces physiques lui venaient à manquer. Il a réalisé ainsi, de manière extraordinaire, la vocation de tout prêtre et évêque : ne plus faire qu’un avec ce Jésus, qu’il reçoit et offre chaque jour dans l’Église.
Bienheureux es-tu, bien aimé Pape Jean-Paul II, parce que tu as cru ! Continue – nous t’en prions – de soutenir du Ciel la foi du Peuple de Dieu. Tant de fois il nous a béni sur cette place du Palais Apostolique. Aujourd‘hui, nous te prions : Saint Père, bénis nous. Amen.
Le Saint Père Benoît XVI se recueille devant le cercueil de son prédécéseur
Pour ceux qui n'ont pas pu suivre en direct l'émouvante cérémonie de béatification de Jean-Paul II, il est désormais possible de la regarder en différé sur le site de KTO :
http://www.ktotv.com/videos-chretiennes/emissions/du_jour/ceremonie-a-rome-messe-de-beatification-de-jean-paul-ii/00058483
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